Le chemin des vautours
- benoitcombet
- 15 nov. 2022
- 1 min de lecture

Il jeta un dernier coup d’œil dans son dos, peu rassuré de sa décision. Etait-il encore possible de disparaître du jour au lendemain ? De sortir des rails ? Lui, le solitaire, il venait de passer une semaine en collectif, sans intimité aucune, et la revivrait la semaine d’après. Alors l’idée s’était formée sous son crâne et avait mûrie. Une semaine, quelques jours au moins, de randonnée en solitaire. Il se prit à penser aux mois qui suivraient et il fut convaincu qu’il agissait plus par instinct de survie qu’avec sa raison. Le voilà maintenant, fourrant les dernières affaires dans son sac. Prendre le strict minimum. Après une dernière inspiration, une dernière hésitation il renonce à prendre toute nourriture. Un essai, un défi. Ainsi équipé le voilà parti sur le chemin des vautours. Il va rencontrer cet oiseau majestueux, longer la corniche, surplomber le vide. S’y jeter ? Y glisser ? C’est les yeux dans ses pensées qu’il met le goudron brûlant sous ses chaussures et parvient deux bonnes heures plus tard au début de son périple. Un village touristique, de la nourriture à foison manquent de lui faire faire perdre sa volonté. Il ira jusqu’au bout. Mais d’abord, il s’offrira une dernière bière. Son itinéraire repéré il s’attaque à l’ascension du rocher où il passera la nuit. Dans la montée tout s’emballe : la faim, la légère ivresse et la fatigue rendent chaque pas douloureux. Ses jambes deviennent lourdes, son cœur s’emballe, ses tempes le pressent. [...]




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