Un méditerranéen en Hongrie
- benoitcombet
- 29 oct. 2025
- 3 min de lecture
Premier article sur mon voyage en Hongrie. Comme le suggère le titre il sera centré sur MON expérience. Suivra un second, plus formel et documenté.
Tout d'abord, voici les premières planches résumant cette mobilité. N'hésitez pas à commenter. Sans doute vais-je a minima les encrer.
Maintenant, quelques notes et photos jour par jour.
Dimanche
Le train entre Nîmes et Strasbourg m'aura permis de reprendre une nouvelle. Peu de temps à Strasbourg et c'est tant mieux: je suis impatient de mettre les pieds en Allemagne.
A Kehl, à la frontière allemande, contrôle d'identité. Ils ne jetteront qu'un œil distrait à ma carte d'identité mais le stress est monté.
Stuttgart n'est pas une ville qui me laissera de belles impression; dommage dans la mesure où j'y ai passé six et deux heures. J'y dessinerai néanmoins, accompagné d'une bière et d'un kébab.

Quelques haïkus écrits à l'occasion:
Trajet allemand,
banalités devenues aventures
Train frontière,
les repères perdus
il se retrouve
D'un côté et de l'autre,
magasins et végétation
semblables
Frontière franchie,
le téléphone l'avertit
que rien ne change
Langue inconnue,
restent les corps
et la voix
Lundi
Nuit longue et courte à la fois. Sommeil fragmenté mais sur une longue plage. N'ayant pu déplier mes jambes j'entame la journée avec douleur. Ravissement de voir le jour se lever. Pour le téléphone j'ai finalement pu le recharger, mieux que moi même puisqu'il est à 100%. Après l’Allemagne et l'Autriche me voilà en Hongrie. Les toits laissent supposer des hivers rudes. J'ai bu plusieurs cafés tièdes et maintenant j'ai faim.
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Le groupe à peine rencontré je me sens attiré par S et L, deux collègues de l'ICEM. Leur énergie dissipe ma peur de me sentir seul. Tout du long elles s'avéreront être de redoutables complices.
Mardi
Comme hier la rencontre avec Katalin me parle furieusement. Vivre cette expérience à nouveau de partager des luttes avec des voisins. J'en parlerai plus dans le prochain chapitre.
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Nous allons après le repas dans un bar réputé comme gay, lesbien et plutôt revendicatif. Je ne passe pas complétement inaperçu. Impression d'être à ma place ici. Pour autant je ne rentrerai qu'avec mes compagnons de voyage. L'extrême-droite en place ne réprime pas: elle se contente de discréditer tel ou tel lieu, intimider sournoisement en menaçant les finances. Elle a compris qu'un contrôle total était non seulement impossible mais aussi contre-productif. Il existe donc bien des oasis. Isolés, radicalisés.
Mercredi
Peu à peu les pièces du puzzle s'assemblent. Et font froid dans le dos.
L'après-midi nous déambulons sur les talons de Lanci, notre guide. Quelques photos.
Puis elle nous fait découvrir son udvard (cour), niché entre deux immeubles. Un paradis à mes yeux: îlot de bien-être dans un des quartiers les plus défavorisés de la capitale. Là, deux salariés gèrent un centre social.
Pour en savoir plus rendez vous prochainement.
Jeudi
Le dernier jour déjà. Et d'un autre côté ma patience à l'égard de certains membres du groupe aurait risqué de manquer.
Questionnement l'après-midi; je me retrouve à manifester "en soutien" à l'opposant de Victor Orban. Pourtant c'est un conservateur venu du même parti... Les collègues me suggèrent un élément de réponse: pour beaucoup d'Hongrois-e-s il n'est pas une promesse mais la seule alternative à ce régime en place depuis 2015 et dont les broyeurs accélèrent. L'Histoire nous le dira, mais pour l'heure nous défilons aux côtés de nos hôtes.
Quelques mots de l'extrême-droite, que je détaillerai plus dans mon compte-rendu. Le premier ministre n'était pas catégorisé ainsi lors de sa nomination mais a fait passer une série de lois qui ont permis un détricotage plus ou moins subtil des acquis sociaux. Toute ressemblance avec des faits connus n'est nullement fortuite. Pour autant rien, ou si peu, de visible. Ici il n'est pas question d'une police omnipotente ou d'un contrôle généralisé. La communication est la clé. Propagande même, comme sur cette affiche

A l'heure de partir L et S m'accompagnent. Fous rires, pleurs enfouis et course dans le métro marqueront cette dernière soirée.
Voilà pour le premier chapitre, qui se conclut par un bon bain et un week-end embrumé.


























































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