Mémoires d'une araignée - AVERTISSEMENT
- benoitcombet
- 4 avr. 2022
- 1 min de lecture
Une journée se finit. Demain il faudra recommencer.
Ce soir, comme tous les autres, il glisse la clé dans la serrure, ouvre la porte et la referme. Il y est ! Le masque peut tomber. Personne pour juger, pour témoigner de qu’il va se passer à présent. Pas de témoin. Les volets sont clos. Alors, malgré le froid mordant il se met nu, il se met à nu. Puis il enfile son jogging. Toujours le même, un peu sale. Un débardeur et un gros pull. Mité mais confortable. S’il a froid il en passera un second plus tard. Son pantalon, sa chemise et sa veste gisent sur le sol. Le costume est à terre. Autour, le même bazar. Dans l’évier quelques restes de pizzas attirent les champignons. Bazar et saleté même. Mais il s’en fiche. Ici, c’est chez lui. Et chez lui, personne ne rentre. Dehors, dans ses autres vies, une poussière ne peut pas se poser.
Derrière le canapé un matelas à même le sol. C’est là qu’il dort.
Il retourne à la porte, vérifier qu’elle soit bien verrouillée. Elle l’est.
Il va pouvoir commencer.
Par une fente dans les volets les rayons de la lune passent.
Il soupire puis s’exclame : « bah, seule la lune sera témoin, et elle n’est pas bien bavarde... »
Il ne l’a pas vue. Mais elle, voit tout. Fondue dans le paysage, légion mais insignifiante l’araignée assiste à toutes ces scènes cachées, ces scènes secrètes. Si vous l’osez, continuez à tourner ces pages. Ce que vous lirez, ces mémoires d’une invisible ne vous laisseront pas indemne.




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